L’Éthiopie inaugure la 2e turbine du Grand barrage de la Renaissance

L’Éthiopie a entamé une nouvelle phase du barrage de la Grande Renaissance (GERD), en mettant en marche la 2e turbine de l’infrastructure.

Abiy Ahmed, le premier ministre Ethiopien a procédé à l’inauguration de la deuxième turbine fonctionnelle du Grand Ethiopian Renaissance Dam (GERD), « Nous sommes fiers de pouvoir réaliser l’histoire que l’on disait impossible », a t-il déclaré , lors de la cérémonie d’inauguration. Avec ses deux turbines en service sur un total de 13  le barrage est devenu la deuxième plus grande centrale électrique du pays, selon l’Ethiopian Broadcasting Corporation (EBC). La mise en service de cette deuxième turbine, permettra de doubler la production d’électricité, qui passera de 750 mégawatts (MW) . Pour rappel, la capacité énergétique du barrage passera à environ 5 000-6 000 MW, une fois les travaux des 13 turbines achevés.

Lors de son discours , Abiy Ahmed a tenu a rassuré les pays en aval, l’Égypte et le Soudan en ces termes : « Notre objectif est de produire de l’énergie pour le développement, mais sans nuire aux pays en aval ». il faut noter que la mise en service de la deuxième turbine du barrage a eu lieu malgré les désaccords avec les pays en aval, concernant l’exploitation et le remplissage du réservoir .

Depuis le lancement du projet, le Gerd constitue une pomme de discorde entre l’Ethiopie, qui le juge indispensable au développement de ses infrastructures énergétiques, et le Soudan et l’Egypte, tous deux tributaires du Nil pour leurs ressources hydrauliques. Des discussions entamées sous l’égide de l’Union africaine (UA) n’ont pas permis aux trois pays de parvenir à un accord tripartite sur le remplissage du barrage et sur les modalités d’opérations des retenues d’eau.

Point de Désaccord avec l’Égypte et le Soudan

Le barrage est depuis son lancement contesté par les pays en aval du Nil, qui veulent garder la maîtrise des eaux du fleuve et de son débit . Les multiples négociations depuis dix ans n’ont jamais vraiment abouti sur un accord. Par ailleurs, Le mois dernier, l’Égypte a écrit au Conseil de sécurité pour exprimer ses objections au projet de l’Éthiopie de remplir le barrage pour une troisième année sans un accord tripartite. 

En effet,  Le Caire et Khartoum craignent que cela ne menace leur accès aux eaux vitales du Nil et ont exigé un accord écrit sur le remplissage et l’exploitation du barrage. La lettre comprenait également des déclarations du ministre égyptien de l’irrigation et des ressources en eau, Mohamed Abdel-Aty, qui a souligné que le Caire tiendra l’Éthiopie pour pleinement responsable de tout dommage important en Égypte et prendra les mesures nécessaires pour assurer et protéger sa sécurité nationale.

Notons que le Caire et Khartoum avaient demandé à Addis Abeba de surseoir au remplissage du barrage dans l’attente de la conclusion d’un accord.

Le Conseil de sécurité des Nations unies s’était saisi de l’affaire le 8 juillet 2021 pour négocier un accord, mais l’Ethiopie a diplomatiquement repoussé cette initiative en jugeant « regrettable de constater que l’avancement des négociations a été freiné et politisé » a indiqué l’AFP.

« L’Éthiopie a clairement indiqué à maintes reprises que porter le sujet devant le Conseil de sécurité des Nations unies était et reste inutile et loin du mandat du Conseil ».

L’Egypte revendique un droit sur le Nil au titre d’un traité de 1929 qui lui donne un droit de veto sur tout projet de construction sur le fleuve. Un autre traité de 1959 porte à 66% la part de l’Egypte sur les eaux du Nil, et à 22% celle du Soudan, selon Le Caire.

L’Ethiopie n’est pas partie prenante de ces traités et en conséquence affirme ne pas être tenu par leurs dispositions.

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PHOTO/AFP/AMANUEL SILESHI – Le barrage de la Renaissance en Éthiopie

Le méga-barrage, d’une contenance totale de 74 milliards de m3 d’eau, est construit depuis 2011 dans le nord-ouest de l’Ethiopie, près de la frontière avec le Soudan, sur le Nil bleu qui rejoint le Nil blanc à Khartoum pour former le Nil.

 

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