Marché de l’énergie en Afrique : cinq pays africains présentent des projets d’investissement ambitieux sur les énergies renouvelables

Cinq pays africains -Cameroun, Guinée, Kenya, Mozambique et Tunisie- ont présenté des projets d’investissement ambitieux sur le renouvelable lors du Marché de l’énergie en Afrique (MEA), qui réunissait gouvernements, secteur privé et partenaires au développement.

La 5e édition du Marché de l’énergie en Afrique, organisé, en visioconférence, du 26 au 29 octobre dernier, avait pour thème : « Identifier les opportunités dans la chaîne de valeur de l’énergie : supprimer les goulets d’étranglement et débloquer les investissements au Cameroun, en Guinée, au Kenya, au Mozambique et en Tunisie ». Organisé par la Banque africaine de développement, l’événement vise à promouvoir des projets stratégiques et des réformes clés du secteur de l’énergie. Chaque pays y présente ses priorités en insistant sur l’importance des ressources dans son développement.

Le Cameroun a indiqué avoir créé une agence sur la gestion du système public de transport d’électricité, la Société nationale de transport de l’électricité (SONATREL). Elle vise à soutenir sa politique énergétique et à attirer des investissements d’environ 10,6 milliards de dollars américains pour atteindre ses objectifs énergétiques. « Si nous sommes capables de développer une infrastructure de transmission robuste, nous devrions être en mesure de fournir un accès universel à l’électricité », a déclaré Gaston Eloundou Essomba, ministre de l’Eau et de l’Énergie du Cameroun. Le Cameroun dispose d’un mix énergétique composé à 80% d’hydroélectricité, 14% de gaz et 6% d’énergie solaire, éolienne et biomasse.

Selon le secrétaire général par intérim du ministère de l’Énergie de Guinée, Sékou Sanfina Diakité, la Guinée ambitionne de recourir exclusivement à l’énergie hydraulique et solaire et veut devenir une plaque tournante du commerce de l’électricité en Afrique de l’Ouest, grâce aux différents projets d’interconnexion en cours de réalisation.

L’objectif de la Guinée est d’exporter de l’électricité dans la sous-région, conformément au plan lancé par le Système d’échanges d’énergie électrique Ouest africain (West Africa Power Pool) visant à faire de la compagnie nationale, Électricité de Guinée, le gestionnaire du système de transmission de la Zone 5 de la région Afrique de l’Ouest, qui comprend la Sierra Leone et le Liberia.

Le Kenya a souligné l’urgence de rééquilibrer les risques liés aux accords d’achat d’électricité qui ont entraîné des hausses de tarifs pour les consommateurs. Le pays devrait accélérer les réformes et développer des modèles permettant d’élargir l’accès à l’électricité.

Selon Mark Carrato, coordinateur du programme « Power Africa » de l’agence américaine de développement, USAID, le Kenya peut attirer diverses sources d’investissement. « Une importante ligne de transport offrant un rendement plus élevé attirerait les fonds de pension nationaux », a-t-il déclaré.

Le PDG du fonds énergétique mozambicain Fundo de Energia (FUNAE), Antonio Saide, a indiqué que le gouvernement avait récemment lancé le premier appel à candidatures pour des initiatives de mini-réseaux verts dans le cadre du programme « BRILHO ». Ce programme vise à dynamiser le marché mozambicain de l’énergie hors réseau en fournissant aux entreprises sélectionnées un mélange unique de financement structuré non remboursable et d’assistance technique spécialisée. Le but est de réduire les risques liés aux modèles économiques pour obtenir des rendements commerciaux compétitifs. Il permet aussi de fournir des solutions énergétiques hors réseau aux marchés à faibles revenus.

Selon le gouvernement du Mozambique, les réformes sectorielles et les grandes infrastructures régionales (interconnexions de transport entre la Tanzanie et la Zambie, l’Angola et la Namibie, et le Mozambique et le Malawi) sont essentielles.

Au nord du continent, le Plan solaire tunisien est devenu un élément clé de relance du pays. « Il est impératif de rétablir l’indépendance énergétique de la Tunisie, car le pays a connu des déficits croissants et coûteux dans son bilan énergétique durant les deux dernières décennies », a déclaré Belhassen Chiboub, directeur général au ministère de l’Énergie. Ainsi, le gouvernement a lancé ce plan en 2017, avec un objectif de 3,8 gigawatts de capacité installée d’énergie renouvelable d’ici à 2030. Cela décuplerait la capacité énergétique du pays pour un coût annuel estimé à environ 400 millions de dollars.

L’édition 2020 du Marché de l’énergie en Afrique avait ciblé les pays du G5 Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad) dans le cadre de l’initiative « Desert to power ». « Cette édition s’est concentrée sur cinq pays africains sélectionnés en fonction de l’équilibre géographique, de la demande et de l’état de préparation aux investissements du secteur privé dans le secteur de l’électricité, a précisé Kevin Kariuki, vice-président du Groupe de la Banque africaine de développement.

Le Marché de l’énergie en Afrique a permis d’aborder notamment la planification et les réformes du secteur, l’expansion de la production d’énergie renouvelable, la viabilité financière et l’accès à l’énergie, les systèmes hors réseau et le commerce de l’électricité. L’événement « a abouti à la présentation de plans d’action réalisables avec des engagements fermes pris par les différentes parties prenantes pour soutenir l’augmentation des investissements du secteur privé dans les cinq pays. »

Le Marché de l’énergie en Afrique est une plateforme d’investissement collaborative créée par la Banque africaine de développement dans le cadre du New Deal sur l’énergie pour l’Afrique, un partenariat transformateur visant à « éclairer l’Afrique et l’alimenter en énergie », conformément aux cinq priorités stratégiques, les « High 5 » de la Banque.

Parmi les participants à cette 6ème édition au Marché de l’énergie en Afrique figuraient : Power Africa, la Banque européenne d’investissement, Africa50, la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures, la Société financière internationale, filiale de la Banque mondiale, l’Union européenne, la Banque mondiale, le Bureau des affaires étrangères du Commonwealth et du développement du Royaume-Uni, l’Agence française de développement, l’agence allemande de développement GIZ, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, l’Africa Infrastructure Development Association (AfIDA), l’Islamic Investment Bank et l’Agence internationale pour les énergies renouvelables.

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